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La grande marguerite, une vivace blanche généreuse

Grande marguerite, marguerite d’été ou Shasta daisy : derrière ces noms se cache une vivace lumineuse, très utile au jardin comme en bouquet. Choix du bon Leucanthemum, plantation sans excès d’eau, taille, division, ravageurs et durée en vase : voici les repères fiables pour obtenir des fleurs blanches à cœur d’or, année après année.

12 min de lecture

Grandes marguerites blanches à cœur jaune dans un massif d’été, entourées de fleurs rose magenta vives.
Grandes marguerites blanches à cœur jaune dans un massif d’été, entourées de fleurs rose magenta vives.

Reconnaître la grande marguerite sans la confondre

La grande marguerite vendue pour les massifs est généralement Leucanthemum × superbum, appelé Shasta daisy dans les catalogues anglophones. C’est une vivace de la famille des Astéracées, reconnaissable à ses grandes fleurs blanches à disque central jaune. Ce que l’on appelle une fleur est en réalité un capitule : les languettes blanches périphériques sont des fleurons ligulés, tandis que le cœur jaune rassemble de nombreux fleurons fertiles.

La plante forme une touffe dressée, élargie avec le temps. Ses feuilles vert foncé, entières à irrégulièrement dentées, sont plus abondantes à la base. Les tiges, peu ramifiées, portent habituellement un capitule terminal de 6 à 10 cm de diamètre chez les variétés classiques. Les formes doubles offrent un cœur ébouriffé, mais sont parfois moins intéressantes pour les insectes butineurs. Le parfum est absent ou très discret.

Ne confondez pas cette fleur avec la marguerite commune, Leucanthemum vulgare, spontanée dans les prairies, plus fine et en général moins haute. Ne la confondez pas non plus avec l’argyranthème, souvent appelé marguerite des Canaries : ce dernier est un petit arbuste méditerranéen beaucoup moins rustique.

De l’Europe aux jardins : histoire et variétés utiles

Les espèces parentes de ces marguerites sont originaires d’Europe et d’Asie occidentale. La grande marguerite de jardin est, elle, un hybride horticole sélectionné à partir de plusieurs Leucanthemum. Elle a été popularisée au début du XXe siècle en Amérique du Nord, notamment avec les sélections dites Shasta, puis largement adoptée dans les jardins européens.

Le choix d’un cultivar ne relève pas seulement de l’esthétique. Hauteur, résistance des tiges, durée de vie de la touffe et caractère simple ou double modifient réellement son emploi.

Cultivar ou typeHauteur habituelleFleur et périodeEmploi conseillé
‘Becky’80 à 100 cmGrande fleur simple blanche, étéFond de massif et fleur à couper ; tiges solides
‘Snowcap’45 à 60 cmFleur simple blanche, cœur jauneBordure ensoleillée, pot profond, effet net
‘Goldfinch’45 à 60 cmCapitules doubles jaune pâle virant crèmeMassif romantique ; floraison décorative moins mellifère
‘Crazy Daisy’60 à 90 cmFleur double très frangée, blancheBouquet champêtre et jardin de coupe
‘Snow Lady’25 à 35 cmFleur simple, plante compacte souvent de courte duréePremier plan, potée, semis facile

Les variétés simples, à centre jaune bien accessible, apportent généralement davantage de ressources aux pollinisateurs. Les doubles sont en revanche très appréciées en compositions florales pour leur volume. Dans un petit jardin, mélangez une variété haute avec une variété compacte plutôt que plusieurs grandes plantes serrées les unes contre les autres.

Planter au bon endroit pour une touffe durable

La grande marguerite réclame au moins six heures de soleil direct par jour pour rester compacte et fleurir généreusement. Dans le Nord ou l’Ouest, le plein soleil est idéal. En région très chaude, une ombre légère en fin d’après-midi est tolérée, à condition que la plante reçoive le soleil du matin.

Le sol doit être souple, riche en humus sans être excessivement fertilisé, et surtout drainant. Une terre constamment mouillée en hiver provoque le dépérissement du collet et raccourcit fortement la vie de la plante. En sol argileux, plantez sur une légère butte et améliorez une zone large avec du compost mûr et des matériaux grossiers. Évitez de déposer une couche de graviers uniquement au fond du trou : elle ne règle pas un drainage défaillant du terrain.

La plantation s’effectue de préférence de mars à avril ou de septembre à octobre, hors gel et hors sol détrempé. L’automne convient très bien dans les régions aux hivers modérés ; le printemps est plus prudent en terrain lourd et froid.

Type de grande margueriteDistance entre plantsProfondeur de plantationUsage
Variété naine, jusqu’à 40 cm30 à 35 cmCollet exactement au niveau du solBordure, bac profond
Variété moyenne, 40 à 65 cm40 à 45 cmCollet au niveau du solMassif, jardin naturel
Variété haute, plus de 70 cm50 à 60 cmCollet au niveau du solFond de massif, fleur à couper

Creusez un trou environ deux fois plus large que la motte, défaites délicatement les racines qui tournent, rebouchez puis arrosez abondamment. Un paillage léger maintient la fraîcheur estivale ; laissez toutefois une petite zone libre autour du collet.

Entretenir la grande marguerite au fil des saisons

Une grande marguerite bien installée demande peu de soins, mais elle ne supporte ni une sécheresse longue lors de la formation des boutons, ni les racines asphyxiées. Arrosez au pied plutôt que sur le feuillage, de préférence le matin. Après la première année, un arrosage profond et espacé est préférable à de petits apports quotidiens.

PériodeGestes essentielsÀ éviter
Février à marsCouper les tiges sèches à 5 à 10 cm ; apporter un peu de compost mûrEngrais azoté excessif, qui ramollit les tiges
Avril à maiPlanter, pailler légèrement, surveiller limaces et puceronsLaisser le sol se dessécher après plantation
Juin à aoûtArroser en sécheresse ; couper les fleurs fanées au-dessus d’une feuilleAttendre que tous les capitules brunissent avant de tailler
SeptembreDiviser les touffes vigoureuses ; poursuivre la récolte de fleursFertiliser tardivement avant l’hiver
Octobre à novembreNettoyer les feuilles malades ; alléger le paillage au colletCouvrir une plante déjà en sol humide avec un paillis épais
Décembre à janvierVérifier le drainage et protéger les jeunes plants du vent froidArroser en routine hors épisode de sécheresse exceptionnel

Supprimez chaque capitule fané avec sa tige, juste au-dessus d’une ramification ou d’une feuille. Ce geste encourage souvent une remontée de floraison jusqu’en septembre. Les grandes variétés peuvent être tuteurées discrètement au printemps, avant que les tiges ne s’allongent ; un cercle de soutien posé trop tard les déforme.

La souche peut s’évider après quelques années : les jeunes pousses se concentrent alors en périphérie, tandis que le centre devient pauvre. Une division tous les trois à quatre ans régénère la touffe et permet d’obtenir de nouveaux plants.

Diviser ou semer : choisir la bonne multiplication

La division est la méthode la plus sûre pour conserver un cultivar précis. Le semis est intéressant pour obtenir beaucoup de plantes à bas coût, notamment avec les mélanges ou les variétés non hybrides, mais le résultat peut différer de la plante mère.

Division de touffe ou semis

Division

  • Reproduit fidèlement le cultivar choisi.
  • Se pratique en mars-avril ou juste après la floraison.
  • Donne des plantes vigoureuses qui fleurissent vite.
  • Réunit entretien de rajeunissement et multiplication.

Semis

  • Permet de produire de nombreux plants économiques.
  • Se réalise au printemps, sous abri lumineux ou en pleine terre après les gelées.
  • Peut donner des hauteurs et formes variables chez les hybrides.
  • Demande plus de patience avant une floraison généreuse.

Pour diviser, déterrez la touffe avec une fourche-bêche, éliminez le centre brun ou ligneux, puis séparez les éclats périphériques portant chacun plusieurs pousses et des racines. Replantez sans attendre, arrosez et maintenez le sol frais pendant trois semaines. Les jeunes pousses basales peuvent aussi être prélevées au printemps avec un petit talon raciné, mais cette technique est moins utile pour le jardinier amateur.

Prévenir maladies, limaces et pourriture des racines

Les problèmes viennent rarement d’une maladie grave lorsque l’emplacement est aéré et le sol drainant. Les jeunes pousses restent néanmoins très attirantes pour les limaces, surtout au printemps humide. Inspectez-les tôt le matin ou à la tombée du jour, et favorisez les abris à carabes et hérissons plutôt que les traitements systématiques.

Symptôme observéCause probableRéponse adaptée
Jeunes pousses grignotéesLimaces et escargotsRamassage, arrosage matinal, protection temporaire ; appât au phosphate de fer si nécessaire, selon l’étiquette
Pucerons sur les boutonsDéséquilibre ponctuel ou végétation trop tendreJet d’eau doux, retrait des extrémités très colonisées, préservation des auxiliaires
Poudre blanche sur les feuillesOïdium favorisé par la sécheresse et le manque d’airÉclaircir, arroser au pied, retirer les feuilles atteintes ; traiter seulement si l’attaque progresse
Base noircie, plante qui s’affaissePourriture liée à un sol gorgé d’eauRetirer les sujets atteints, améliorer le drainage, replanter sur butte
Tiges longues qui se couchentManque de soleil, sol trop riche ou variété hauteRéduire les apports azotés, tuteurer tôt, déplacer si nécessaire

Évitez les insecticides à large spectre : les capitules accueillent des pollinisateurs et les pucerons nourrissent aussi les coccinelles, syrphes et chrysopes. Retirez les feuillages très tachés à l’automne et ne les compostez pas si une maladie foliaire a été marquée.

Associer la grande marguerite dans un massif fleuri

La blancheur de ses capitules calme les compositions colorées et éclaire un massif au cœur de l’été. Associez-la à des plantes qui aiment, comme elle, le soleil et un sol qui ne reste pas mouillé l’hiver : sauges vivaces bleues, nepétas, achillées, échinacées, gauras, verveines de Buenos Aires ou graminées légères.

Pour un effet champêtre, plantez des groupes de trois à cinq sujets d’une même variété, puis laissez des espaces pour les vivaces compagnes. Les grandes marguerites blanches sont particulièrement réussies devant des feuillages gris, comme ceux des armoises, ou près de floraisons rose magenta, violet profond et bleu lavande. Évitez la concurrence immédiate d’arbustes très vigoureux : la souche a besoin de lumière et d’air à sa base.

Récolter les tiges et prolonger leur fraîcheur en vase

La grande marguerite est une fleur de coupe fiable, surtout dans les jardins où les tiges restent longues et fermes. Récoltez tôt le matin, quand les capitules viennent de s’ouvrir ou sont ouverts aux deux tiers. Coupez en biais avec un outil propre, puis placez aussitôt les tiges dans un seau d’eau fraîche, à l’ombre.

À la maison, recoupez 1 à 2 cm de tige avant la mise en vase. Retirez toutes les feuilles susceptibles de tremper dans l’eau, utilisez un vase parfaitement propre et renouvelez l’eau tous les deux jours. Une grande marguerite fraîche tient habituellement 5 à 8 jours, parfois davantage si elle a été coupée au bon stade et maintenue loin d’une corbeille de fruits mûrs, qui libèrent de l’éthylène.

Pour offrir des marguerites, préférez des boutons déjà bien formés avec quelques fleurs ouvertes : un bouquet composé uniquement de capitules totalement épanouis aura une durée décorative plus courte. Les variétés simples donnent un rendu champêtre ; les formes doubles apportent un volume plus sophistiqué.

Symbolique, langage des fleurs et précautions avec les animaux

Dans le langage floral occidental, la marguerite évoque le plus souvent la simplicité, l’innocence, la sincérité et l’amour loyal. Offrir des grandes marguerites blanches peut donc accompagner un message direct, amical ou amoureux, sans la solennité d’une rose rouge. L’image populaire consistant à effeuiller une marguerite, avec la formule il m’aime ou un peu, renforce son lien avec les sentiments et la franchise.

Cette symbolique n’est pas un code universel : l’intention du bouquet, les fleurs associées et la relation avec son destinataire comptent davantage. Avec des roses roses, la grande marguerite adoucit une déclaration ; avec des bleuets ou des nigelles, elle crée un bouquet spontané et champêtre.

Côté sécurité, Leucanthemum × superbum est généralement considéré comme une plante à faible toxicité, mais son ingestion peut provoquer des troubles digestifs chez un chien ou un chat sensible. Les substances de la famille des Astéracées peuvent aussi entraîner une irritation cutanée ou une réaction allergique chez certaines personnes. Placez les bouquets hors de portée des animaux qui mâchonnent les tiges, portez des gants si votre peau réagit aux composées et contactez un vétérinaire en cas d’ingestion importante ou de symptômes.

vos questions

Les questions que l'on nous pose

La grande marguerite est-elle une plante vivace ?

Oui. La grande marguerite de jardin, généralement vendue sous le nom Leucanthemum × superbum, est une vivace : elle repart de sa souche au printemps pendant plusieurs années. Sa longévité dépend fortement du drainage. Dans une terre lourde et humide en hiver, elle peut disparaître rapidement ; dans un sol ensoleillé, aéré et non gorgé d’eau, une division tous les trois à quatre ans la maintient vigoureuse.

Quelle différence entre grande marguerite et marguerite des prés ?

La marguerite des prés est Leucanthemum vulgare, une espèce sauvage ou naturalisée, fréquente dans les prairies. La grande marguerite de jardin est le plus souvent Leucanthemum × superbum, un hybride horticole à capitules plus grands, tiges plus hautes et nombreux cultivars. La première convient à une ambiance de prairie fleurie ; la seconde est plus structurante en massif et fournit de meilleures tiges pour les bouquets.

Quand planter des grandes marguerites ?

Plantez-les idéalement de mars à avril, ou de septembre à octobre si votre sol est bien drainé. Évitez les périodes de gel, de forte chaleur et les sols saturés d’eau. Une plantation de printemps demande un suivi d’arrosage plus attentif durant le premier été. À l’automne, les racines s’installent avant l’hiver, mais les jeunes plants doivent être protégés des excès d’humidité.

Pourquoi ma grande marguerite ne fleurit-elle pas beaucoup ?

Le manque de soleil est la première cause : la plante a besoin d’au moins six heures de soleil direct. Une terre trop riche en azote produit aussi beaucoup de feuilles et des tiges molles au détriment des fleurs. Vérifiez également l’âge de la touffe : un centre dégarnit ou compacté indique qu’il est temps de la diviser. Enfin, coupez régulièrement les capitules fanés pour encourager une remontée estivale.

La grande marguerite résiste-t-elle au gel ?

Elle est généralement rustique autour de -15 °C, et peut supporter davantage de froid dans un sol drainé. Ce n’est donc pas le gel qui la menace le plus souvent en France métropolitaine, mais l’eau stagnante autour du collet en hiver. En terrain argileux, plantez sur une butte légère, évitez les paillis épais au contact du cœur de la plante et améliorez la structure du sol sur une zone large.

Comment faire tenir une grande marguerite en vase ?

Coupez les tiges tôt le matin, lorsque les fleurs sont fraîchement ouvertes, et mettez-les immédiatement dans l’eau. À la maison, recoupez les tiges de un à deux centimètres, retirez les feuilles immergées et utilisez un vase propre. Changez l’eau tous les deux jours et conservez le bouquet loin du soleil direct, d’un radiateur et des fruits mûrs. Une tenue de cinq à huit jours est courante.

Les grandes marguerites sont-elles toxiques pour les chats et les chiens ?

Elles présentent une toxicité généralement faible, mais il est préférable de ne pas les laisser mâchonner par les animaux. L’ingestion de feuilles, de tiges ou de fleurs peut entraîner des troubles digestifs chez certains chiens et chats, et le contact avec la sève peut irriter les peaux sensibles. Placez les bouquets hors de portée des animaux curieux et demandez conseil à un vétérinaire si des vomissements, une salivation importante ou un comportement inhabituel apparaissent.

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