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Lys des Incas : cultiver l’alstroemère sans erreur

Aussi appelé alstroemère, le lys des Incas apporte au jardin comme aux bouquets ses fleurs graphiques, tachées et très durables. Cette vivace sud-américaine demande surtout un sol profond, fertile et drainant, ainsi qu’une protection adaptée au froid. Voici les gestes précis pour la planter, la faire refleurir et profiter longtemps de ses tiges coupées.

12 min de lecture

Gros plan horizontal d’alstroemères rose magenta vif, striées de pourpre, en pleine floraison dans un jardin lumineux.
Gros plan horizontal d’alstroemères rose magenta vif, striées de pourpre, en pleine floraison dans un jardin lumineux.

Reconnaître le lys des Incas : une alstroemère, pas un vrai lys

Le lys des Incas désigne les Alstroemeria, plus souvent appelées alstroemères par les jardiniers et les fleuristes. Malgré son nom courant, ce n’est pas un lys du genre Lilium : il appartient à la famille des Alstroemeriaceae. Cette distinction compte, notamment pour comprendre sa rusticité, ses racines et sa toxicité.

C’est une vivace à racines charnues et rhizomateuses, capables de former avec le temps une touffe dense. Ses tiges souples, de 30 cm chez les formes compactes à plus de 90 cm chez les variétés hautes, portent des feuilles lancéolées. Particularité amusante : les feuilles se tordent sur leur pétiole ; leur face inférieure se retrouve souvent orientée vers le haut.

Les inflorescences terminales réunissent plusieurs fleurs en entonnoir. Chaque fleur possède six tépales — des pièces florales qui ressemblent à des pétales — fréquemment striés ou ponctués de brun, de pourpre ou de bordeaux. Cette signalétique guide les pollinisateurs vers le nectar. La palette couvre le blanc, le crème, le jaune, l’orange, le rose, le rouge, le mauve et le pourpre ; les alstroemères bleu franc n’existent pas naturellement. Leur parfum est en général absent ou très discret.

Origine sud-américaine et variétés à choisir selon l’usage

Les espèces sauvages d’Alstroemeria sont originaires d’Amérique du Sud, notamment du Chili, de l’Argentine, du Pérou, du Brésil et des régions andines voisines. Les alstroemères de jardin sont majoritairement des hybrides complexes, sélectionnés pour la longueur de floraison, la taille, la couleur ou la résistance des tiges en fleur coupée.

Les séries commerciales évoluent régulièrement : choisissez d’abord une plante adaptée à votre espace et à votre hiver, plutôt qu’une couleur seule. Les rusticités indiquées restent des repères : une plante installée depuis deux ans dans un sol drainant résiste mieux qu’un jeune sujet en terre lourde.

Espèce ou typeHauteur et allureFleurs et feuillageUsage conseillé
Alstroemeria aurea80 à 120 cm, vigoureuseFleurs jaune orangé, port naturelMassif de vivaces et jardins frais ; parmi les types les plus rustiques
‘Indian Summer’60 à 80 cmFleurs orange et jaune sur feuillage pourpre-bronzeMassif ensoleillé, contraste avec graminées et feuillages argentés
Série Inticancha25 à 45 cm, compacteNombreux coloris, tiges plus courtesPotées, bordures et petits jardins
Série Summer Paradise35 à 60 cmHybrides florifères, couleurs vives ou pastelTerrasse, massif bas, bouquets du jardin
‘Inca Ice’60 à 80 cmTons crème, rosés et abricotés, fleur marquéeJardin romantique et fleur coupée

Pour une culture en pot, préférez une variété compacte. Pour composer des bouquets depuis le jardin, une forme de 60 cm ou plus fournit des tiges plus faciles à travailler. Les variétés hautes gagnent à être installées au milieu d’un massif : leurs tiges seront naturellement soutenues par les plantes voisines.

Planter l’alstroemère au bon endroit et à la bonne profondeur

L’alstroemère fleurit abondamment avec du soleil, à condition de ne pas subir une sécheresse brûlante. En France métropolitaine, choisissez le soleil du matin ou une mi-ombre très lumineuse dans le Midi et sur les façades très chaudes. Au nord de la Loire ou en climat océanique, une exposition ensoleillée, protégée des vents desséchants, convient très bien.

Le sol idéal est meuble en profondeur, enrichi en matière organique mûre et surtout drainant en hiver. Une terre argileuse n’interdit pas sa culture, mais elle exige une amélioration réelle : ameublissez largement, incorporez du compost bien décomposé et créez une zone de plantation légèrement surélevée si l’eau stagne.

Situation de plantationPériode idéaleProfondeur et écartementPréparation utile
Plant en godet ou conteneurAvril à juin, après les fortes geléesMotte installée 3 à 5 cm sous le niveau du sol ; 35 à 45 cm entre plantsTremper la motte, arroser copieusement puis pailler légèrement
Rhizome vendu nuAvril-maiBourgeons vers le haut, sous 15 à 20 cm de terre ; 35 à 45 cm d’écartManipuler sans casser les racines cassantes, arroser après plantation
Potée de variété compacteAvril à juinUn plant dans un pot de 30 à 35 cm de diamètre et de profondeurSubstrat riche, trou de drainage dégagé, couche drainante si nécessaire

Installez les plants au printemps dans la plupart des régions. Une plantation d’automne est envisageable seulement là où l’hiver est doux et le sol très filtrant ; ailleurs, les jeunes racines risquent de pourrir ou de geler avant leur enracinement.

Entretenir le lys des Incas de janvier à décembre

La première saison, surveillez l’arrosage : la plante doit s’enraciner profondément sans baigner dans une terre détrempée. Par la suite, arrosez lors des sécheresses prolongées, de préférence au pied. Un paillis organique fin conserve l’humidité estivale ; en région froide, il devra être complété en hiver par une protection sèche et aérée.

Apportez au printemps une couche de compost mûr ou un engrais organique équilibré pour plantes fleuries. Évitez les excès d’azote : ils favorisent des tiges molles et du feuillage au détriment des fleurs. Les variétés hautes peuvent nécessiter un discret tuteurage avant que les tiges ne s’allongent.

PériodeGestes prioritairesÀ éviter
Janvier-févrierVérifier que le paillage reste sec et que l’eau ne stagne pasEnfermer la souche sous un plastique étanche
Mars-avrilNettoyer les tiges sèches, apporter compost, planter après les gros froidsBêcher au cœur de la touffe
Mai-juinArroser les jeunes plants, guider ou tuteurer les tiges hautesLaisser le sol se dessécher complètement la première année
Juin-septembreRécolter les fleurs, retirer les tiges défleuries, arroser en cas de chaleurCouper uniquement la tête florale et laisser une longue tige vide
OctobreRéduire progressivement les arrosages, préparer une protection en région froideFertiliser tardivement avec un engrais riche en azote
Novembre-décembreLaisser jaunir le feuillage, pailler après le refroidissement du solTailler le feuillage encore vert ou maintenir le pot détrempé

Retirez les tiges terminées en les tirant avec douceur à leur base, ou coupez-les au ras du sol si la touffe est jeune. Le retrait de la tige entière encourage l’émission de nouvelles pousses. Ne coupez pas le feuillage vert : il reconstitue les réserves des racines.

Pour les plantes en pot, placez le contenant contre un mur abrité, isolez-le du sol froid et arrosez très peu en hiver. Dans les régions aux gels réguliers, un local lumineux et hors gel, autour de 2 à 8 °C, sécurise les jeunes plants.

Multiplier une touffe sans compromettre sa reprise

La division est la seule méthode fiable pour reproduire à l’identique un cultivar. Attendez qu’une touffe soit vigoureuse, généralement après trois ou quatre ans de culture. Intervenez au début du printemps, lorsque les pousses redémarrent mais avant leur fort développement. Soulevez largement la motte, repérez des éclats porteurs de plusieurs racines charnues et de bourgeons, puis replantez sans délai.

Le semis convient surtout aux espèces botaniques et aux jardiniers patients. Les graines d’hybrides ne reproduisent pas fidèlement la plante mère ; les descendants peuvent différer fortement par leur hauteur, leur couleur et leur résistance au froid. La germination demande souvent une alternance de températures et peut être irrégulière.

Division ou semis : quelle méthode choisir ?

Division de touffe

  • Reproduit fidèlement une variété nommée.
  • Donne des plants capables de fleurir plus vite.
  • À pratiquer rarement, sur une touffe bien installée.

Semis

  • Permet d’obtenir de nombreux plants à faible coût.
  • Réserve des surprises pour les hybrides.
  • Demande patience : la première floraison peut attendre deux à trois ans.

Prévenir limaces, pourritures et autres problèmes fréquents

Les jeunes pousses tendres attirent limaces et escargots, surtout au printemps humide. Les pucerons se concentrent sur les boutons et les jeunes tiges ; les araignées rouges apparaissent davantage par temps chaud et sec, surtout sur les plantes en pot. Le principal ennemi durable reste toutefois l’excès d’eau hivernal, responsable de pourritures racinaires.

Symptôme observéCause probableRéponse adaptée
Jeunes pousses coupées ou trouéesLimaces et escargotsRamassage au crépuscule, abris à pièges relevés régulièrement, protection physique autour des jeunes plants
Feuilles crispées et collantesPuceronsJet d’eau ciblé sur les colonies, puis savon noir homologué si l’attaque persiste, sans traiter en plein soleil
Feuillage pâle, ponctué, fines toilesAraignées rougesDoucher le revers des feuilles, arroser régulièrement le substrat, améliorer l’aération sans dessécher la motte
Tiges molles, base noire, plante qui disparaîtPourriture liée au sol humide et froidDéterrer les parties atteintes, améliorer radicalement le drainage et ne pas replanter au même point immédiatement
Marbrures, déformations et croissance anormalePossible viroseÉliminer le plant atteint, désinfecter les outils et contrôler les pucerons vecteurs

Évitez les traitements préventifs systématiques. Une plantation aérée, un sol drainant et la suppression rapide des tiges malades résolvent la plupart des situations. Désinfectez le sécateur entre deux plantes lorsqu’une maladie est suspectée.

Composer un massif fleuri autour des alstroemères

L’alstroemère se place idéalement en plein cœur du massif, là où son feuillage sera masqué à la base et ses tiges florales pourront émerger. Associez-la à des plantes qui partagent son goût pour une terre fraîche mais drainée et qui ne l’étouffent pas au printemps.

Les accords les plus faciles sont :

  • les géraniums vivaces et les népétas, qui couvrent le sol et soulignent les tiges élancées ;
  • les sauges arbustives ou vivaces, pour prolonger les couleurs chaudes et attirer les pollinisateurs ;
  • les achillées, gauras et verveines de Buenos Aires, pour un effet léger et naturel ;
  • les rosiers arbustifs, dont les fleurs font écho au dessin raffiné des alstroemères ;
  • les stipas et autres graminées fines, qui soutiennent visuellement les variétés hautes sans les ombrager.

Évitez en revanche la concurrence de vivaces très envahissantes ou de grands arbustes aux racines superficielles. Dans un petit jardin, une alstroemère compacte en pot, accompagnée de lobélias, de bacopas ou de petites graminées, offre une solution plus maîtrisable.

Récolter les tiges et réussir un bouquet d’alstroemères

L’alstroemère est l’une des meilleures fleurs coupées : une tige porte plusieurs boutons qui s’ouvrent progressivement. Cueillez-la tôt le matin ou en fin de journée, quand une à deux fleurs sont déjà ouvertes et que les autres boutons montrent clairement leur couleur. Une tige entièrement fermée risque de ne pas s’épanouir en vase.

Prélevez les tiges florales mûres à leur base, avec un mouvement de traction doux si la plante est bien établie, ou avec un outil propre. Placez-les aussitôt dans un seau d’eau fraîche. À la maison, recoupez 1 à 2 cm de tige en biais, retirez toutes les feuilles qui tremperaient dans l’eau et utilisez un vase parfaitement propre.

Pour conserver le bouquet 10 à 14 jours, renouvelez l’eau tous les deux jours, recoupez légèrement les tiges à chaque changement et gardez le vase loin d’un radiateur, du soleil direct et d’une coupe de fruits très mûrs. Un conservateur pour fleurs coupées, employé selon sa notice, aide à limiter le développement bactérien.

Le lys des Incas exprime volontiers l’amitié durable, le soutien mutuel et l’attachement. Ce langage floral est moderne et moins codifié que celui de la rose ; il fait de l’alstroemère un choix pertinent pour un remerciement, une naissance ou un message de fidélité amicale.

vos questions

Les questions que l'on nous pose

Le lys des Incas doit-il être planté au soleil ou à l’ombre ?

L’alstroemère fleurit mieux avec plusieurs heures de soleil, mais elle apprécie une lumière moins brûlante dans le sud et sur les emplacements très chauds. Le soleil du matin ou une mi-ombre lumineuse convient alors parfaitement. Une ombre dense produit beaucoup moins de fleurs et allonge les tiges. L’essentiel est d’éviter à la fois le plein soleil desséchant et un sol qui reste humide en hiver.

Le lys des Incas résiste-t-il au gel ?

La résistance au froid dépend de l’espèce, du cultivar, de l’âge de la touffe et surtout du drainage. Beaucoup d’alstroemères hybrides résistent approximativement entre -5 et -10 °C une fois établies. Dans les régions aux hivers froids, protégez le pied avec un paillis sec de 10 à 15 cm après les premières gelées. Le danger majeur est l’association du gel et d’une terre gorgée d’eau.

Pourquoi mon alstroemère ne fleurit-elle pas ?

Une alstroemère nouvellement plantée peut mettre une saison à s’installer. L’absence de fleurs provient aussi d’un manque de lumière, d’un sol trop pauvre ou trop sec en été, d’un excès d’engrais azoté, ou de racines régulièrement dérangées. Installez-la dans un sol profond, enrichi de compost mûr, arrosez pendant les sécheresses et évitez de diviser la touffe avant trois ou quatre ans.

Peut-on cultiver le lys des Incas en pot ?

Oui, à condition de choisir une variété compacte, comme celles des séries Inticancha ou Summer Paradise. Utilisez un pot d’au moins 30 cm de diamètre et de profondeur, impérativement percé, avec un terreau riche mais drainant. Arrosez dès que le substrat sèche en surface durant la croissance, puis réduisez fortement en hiver. En région froide, protégez particulièrement le pot, car les racines y gèlent plus vite qu’en pleine terre.

Le lys des Incas est-il dangereux pour les chats ?

L’alstroemère n’est pas un vrai lys du genre Lilium, dont l’ingestion constitue une urgence grave pour le chat. Elle contient toutefois des composés irritants : un chat ou un chien qui mâche feuilles ou fleurs peut présenter des vomissements, de la salivation ou des troubles digestifs. Placez les bouquets hors d’atteinte et contactez un vétérinaire en cas d’ingestion ou de symptômes, en précisant le nom de la plante.

Comment faire durer les alstroemères dans un vase ?

Choisissez des tiges avec une ou deux fleurs ouvertes et des boutons déjà colorés. Recoupez les tiges de 1 à 2 cm, retirez les feuilles sous le niveau de l’eau et placez-les dans un vase lavé avec de l’eau fraîche. Changez l’eau tous les deux jours, recoupez légèrement les tiges et gardez le bouquet loin de la chaleur, du soleil et des fruits mûrs. Cette routine permet souvent une tenue de 10 à 14 jours.

Quand diviser une alstroemère ?

Divisez une alstroemère au début du printemps, au moment où les nouvelles pousses commencent à apparaître, et seulement lorsque la touffe est vigoureuse depuis au moins trois ou quatre ans. Les racines charnues sont fragiles : soulevez la motte largement, conservez plusieurs bourgeons et racines par éclat, puis replantez aussitôt. Des divisions trop fréquentes retardent la reprise et réduisent la floraison pendant une ou plusieurs saisons.

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